mercredi, 08 octobre 2008

Eloge de la lenteur - Quand Proust balaie le temps

Non pas que j'aie envie de transformer mon bon Marcel en conchita, je n'oserais tout de même pas. En plus, allergique à tout comme il est, je serais bonne à partager ma boîte de Zyrtec avec lui en l'écoutant tousser.

Alors voilà, dimanche, j'ai fini Du côté de chez Swann. J'aurai mis du temps, parce que lire Proust ce n'est pas exactement lire... euh... un peu n'importe quel (bon) livre contemporain. Mais qu'est-ce que j'ai aimé! Savouré comme un caramel qui fond sur la langue, avec des sensations décuplées par le caractère matinal que prennent de plus en plus souvent mes lectures grâce à ces insomnies qui ne me quittent plus.


Cette capacité à écrire des phrases kilométriques "juste" pour décrire une sensation, sans aucun fait concret. "Des faits, on veut des faits, de l'action, on est en 2008 bordeldem", qu'ils disent. Tu parles.

Quel style. Bon Dieu, quel style. Je ne m'en remets pas. Aussi beau que ça, je ne vois pas. Peut-être Sylvie, souvenirs du Valois de Nerval ou quelques poèmes de Mallarmé. Mais le tour de force de Proust, c'est qu'il soit arrivé à produire du b.e.a.u qui remplirait plusieurs catalogues de la Redoute.

Dehors, tout va mal ou presque. Depuis mon PC et mon téléphone, connectée au monde, je subis la médiocrité de certains (j'ai bien dit: certains. Heureusement qu'il y a tous les autres).

Si je ne plie mais ne romps pas, c'est en partie parce que, depuis le velours de mon canapé, je sais que je peux m'envelopper dans A l'ombre des jeunes filles en fleur. Et qu'après, c'est encore 5 tomes complets, écrits tout petit petit, qui m'attendent dans cette recherche du temps perdu. Ce temps, je voudrais que ma housewife imaginaire ne l'ait jamais retrouvé.

 

Commentaires

Eh oui, la réminiscence d'un passé lointain ... Tout de même, ce n'est pas à 18 ans qu'on peut savourer un bon Proust...

Écrit par : Florence | mardi, 04 novembre 2008

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Je t'imagine brandir un tome de Proust devant tes rhétos, sans un mot, les regard hargneux, la bave à la commissure des lèvres... ah ils seraient calmés hein :-D

Écrit par : Olivia | mardi, 04 novembre 2008

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J'y songe parfois sétu, mais je me ravise toujours à temps! Quoique ... l'effet a été pratiquement semblable lorsque j'ai imposé à mes cinquièmes (ah! ces "cinquième économique"!!) la lecture de Notre-Dame de Paris ... pas fort contents, pas fort contents du tout ! Mais moi ... si! Ahahahahah !!!!!! (entendez: ricanements diaboliques)

Écrit par : Florence | vendredi, 14 novembre 2008

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