jeudi, 12 novembre 2009
Nerval - El Desdichado
Avant mes 15 ans, j'ai détesté la poésie. Trop gnangnan, ce qu'on me donnait à lire et ce que je trouvais chez mes parents.
Et puis Mme Bossu, en 4è, nous a fait découvrir Nerval (que j'aurai l'occasion d'apprécier encore mille fois plus avec Mr Mingelgrün à l'unif... ah, Sylvie, souvenirs du Valois... la réminiscence d'un passé lointain dans un passé plus proche...), avec le sublime El Desdichado, dans les Chimères des Filles du Feu.
Nerval et ses frontières entre rêve et réalité qui s'effritent, certainement l'influence la plus ancienne, dans la modernité, pour mes surréalistes adorés. Ce qui me fait penser qu'il faudrait que je relise La liberté ou l'amour de Robert Desnos avec Antony & The Johnsons en toile de fond, l'association devrait être magique!
14 vers qui suffiraient à n'importe quel étranger à tomber amoureux de la langue française. Après ça, qu'on ne me dise pas que l'anglais est LA langue enchantée.
Quelle chance on a que le français soit notre langue maternelle!
Le voilà donc, ce Desdichado:
| Je suis le Ténébreux, – le Veuf, – l’Inconsolé, | |
| Le Prince d’Aquitaine à la Tour abolie : | |
| Ma seule Étoile est morte, – et mon luth constellé | |
| Porte le Soleil noir de la Mélancolie. | |
| Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m’as consolé, | |
| Rends-moi le Pausilippe et la mer d’Italie, | |
| La fleur qui plaisait tant à mon cœur désolé, | |
| Et la treille où le Pampre à la Rose s’allie. | |
|
Suis-je Amour ou Phébus ?... Lusignan ou Biron ? | |
| Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ; | |
| J’ai rêvé dans la Grotte où nage la sirène... | |
|
Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron : | |
| Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée | |
| Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée. |
08:32 Publié dans Ces chers livres | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : nerval, poésie, el desdichado, les filles du feu |
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Commentaires
J'espère que tu vas bien... ou au moins mieux... le ton de tes textes précédents n'étant guère au beau fixe...
Si tu veux te changer les idées, je ne dois pas te rappeler que nous sommes à Bruxelles (quasi) tous les jours...
@pluche
Écrit par : Françoise | vendredi, 13 novembre 2009
Répondre à ce commentaireJ'espère que vous allez bien tous les 2... comment que ça vous coupe du monde, de quitter Facebook :-).
Faut qu'on se voïe à Bruxelles un midi et à Liéch un week-end, bon sang de bonsoir.
Chte contacte sans faute la semaine prochaine pour goupiller tout ça!
Écrit par : Olivia | vendredi, 13 novembre 2009
Répondre à ce commentaireA tout bientôt alors !
Écrit par : Françoise | vendredi, 13 novembre 2009
Répondre à ce commentaire"Oh le plat il a parti!!"
Tchiote Nénette
merci
Écrit par : marraine | samedi, 14 novembre 2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Robert | samedi, 14 novembre 2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : ROBERT | samedi, 14 novembre 2009
Répondre à ce commentaireRobert: tststsssssss :-). Raaaaah, Desnos (sur le même ton que certaines personnes disent "aaaaaaah, Brel" :-)))). "La liberté ou l'amour"... magnifitch!
Écrit par : Olivia | lundi, 16 novembre 2009
Répondre à ce commentairel'évasion vers le rêve, cette sensibilité à fleur de peau qui pourtant se moque avec un grand sourire ironique des romantiques français et de leurs longues tirades pleureuses, il n'en fallait pas plus pour me plaire.
je me permets cependant d'émettre une critique. en tant qu'angliciste je peux te dire que la langue anglaise regroupe certains des poèmes qui, selon moi, sont les plus magnifiquement écrit. j'adore la littérature française, mais dans notre pays, l'évasion vers le rêve et le fantastique reste finalement marginale, tandis que ces deux éléments sont au coeur de la psyché britannique lorsqu'il s'agit des arts.
les romantiques anglais étaient bien en avance sur nos compatriotes lorsqu'ils se sont tournés vers le Moyen Âge comme source d'inspiration.
autrement, Shakespeare a écrit des sonnets dont la sensiblilité coupe le souffle.
pour les poètes anglais essaie William Blake, John Keats, Alfred Tennyson.
et pour envoyer une petite pique, le Biron en question est une référence à Byron, poète anglais majeur. eh oui, Nerval aussi était anglophile!
Écrit par : Lucinda | vendredi, 25 février 2011
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