mercredi, 25 novembre 2009

"T'as un beau t-shirt, Marraine-Tatie"

Ici, finalement, j'évoque rarement des faits de la vie quotidienne, et encore moins ceux qui concernent mes proches. Exception à la règle aujourd'hui, après mon entrevue avec les so called "3 Grâces". Mes nièces. E., L1, L2. Trois merveilles de la nature. 8 1/2, 4, 2 1/2. Rousse, brune, blonde. Yeux verts, noisette, bleus.

Branle-bas de combat hier soir, baby-sitting improvisé, ma soeur et mon beau-frère étant réquisitionnés dans leur nouvelle maison de W pour le choix des so called aussi "briquettes" (mais qu'est-ce que c'est? Pas osé demander, me serais encore fait passer pour la fille perdue dans son monde. Que je ne suis pas, mais ça c'est une autre histoire).

C'était la 1re fois que je reprenais le volant seule depuis mon bras cassé. A peine 5 km séparent nos chez-nous mais, à Bruxelles, à 18h30 et avec un passage obligé par le Quartier Européen, ça veut dire 40 minutes à jouer du volant et du levier de vitesses. Dans un rond-ponit, j'ai aussi été forcée (question d'honneur) de tirer la langue à une pouffe fausse blonde en BMW qui trouvait que je n'allais pas assez vite. Ceux qui me connaissent savent qu'on ne peut pas vraiment me taxer de mémé casquette au volant, donc je ne vous raconte pas comment j'ai fulminé.

Bref, j'arrive là-bas avec le bras droit en bouillie et un gros nuage pluvieux au-dessus du crâne. Je n'ose pas imaginer l'orage si un boulevard n'avait pas ouvert les bras à mon énorme-Yaris-que-j'aime, qui plus est devant la pharmacie. Des fois que j'aurais décidé de sniffer un gramme de millepertuis pour calmer la crise de nerfs qui risquait de pointer le bout du pif.

Arrivée chez ma soeur, j'entrais dans un autre monde. Quand une E., que vous connaissez depuis sa naissance (c'est dingue!) et avez vu passer du stade de bébé joufflu à qui on apprenait "chopez, chopez, chopez la cumcum" de Félicien-du-Loft-2 à celui de jolie fifille qui fera tourner les têtes dans pas si longtemps que ça, voit son visage illuminé par votre arrivée (ouais, parfaitement, et j'en suis fière comme un paon!), ça vous calme direct vos vilaines humeurs.

"Marraaaaaaiine, t'as pris des films?"

Merdage total. Pas pensé à prendre une sélection de DVD, petite attention à laquelle les fifilles se sont (vite) habituées.
E. ne m'en tient pas rigueur.

Les grands s'en vont, les 3 Grâces et leur vieille ado s'installent dans le canapé.
L1, connue dans le milieu comme "la dure au coeur tendre", sourit, se rembrunit (une réputation, ça s'entretient), croise le bout de mon caraco en satin vert forêt qui dépasse de mon gros pull. "T'as un beau t-shirt, Marraine-tatie. Tu me lis une histoire". Je précise que je n'ai pas oublié le point d'interrogation à cette phrase...

Les décrets de L1 étant ce qu'ils sont, je lis. Pas simple, vu que son "livre" est plutôt un manuel d'école dont les écritures sont surtout des instructions d'exercices. On improvise. "Méheu, E. et L2, tirez-vous, je vois riiiiien. Lis-euh!", tempête le pacha du fond de son sofa, les deux autres, s'étant approchées, recouvrant son champ de vision de leurs longs cheveux. Or, la question capillaire pose un gros problème à L1, dépitée par ses tire-bouchons alors que les baguettes de ses soeurs, fortes d'un gêne dominant chez leur mère, leur tombent bien au-delà des épaules depuis très longtemps.

"Oh, L1, calme-toi un peu", se plaint gentiment E.

La bouille de L1 se ferme, la lèvre inférieure tremblotte 1/2 seconde et la baigne, précise, part aussi sec. "Elle m'a dit 'conne'!".
Je défends E., et c'est L2, bouche en coeur derrière sa tut, qui se prend un coup de pied sans broncher, habituée depuis belle lurette aux réactions quelque peu sanguines de sa grande soeur. Attention, L1 est loin d'être un petit monstre. C'est juste que c'est pas facile facile de trouver sa place quand on est celle du milieu et qu'on n'a que 15 mois de différence avec la petite dernière.

Sans transition, L2 zieute Michael Jackson à la télé et me demande du tac au tac: "Dis Marraine-tatie, Michael, il est de quelle couleur?". Quelle pertinence dans la question, ma nièce! Il était de mon devoir de lui fournir une réponse à la hauteur : "Hé bien vois-tu, ma L2, là, Michael est blanc. Mais avant, il était noir". J'ai ajouté qu'il a même perdu un bout de son nez à un moment - "Pourquoi?" - "Euh... à force de trop se moucher" - "C'est malin de leur faire croire ça, Marraine, elles vont plus vouloir se moucher", décréte fort à propos E. qui, sans ciller, tient conférence à ses 2 petites soeur, tout ouïe, sur les ravages de la chirurgie esthétique.

L'Empire du Milieu (L1) ne contre-attaque pas, ses forces la quittant. Elle ne tarde pas à s'endormir et... je n'ose pas la réveiller pour la mettre au lit (2 étages à monter). La peur paralysante du gnon. Lâchement, je laisse E., bien plus aguerrie à la psychologie L1ènne, risquer sa vie.

Quelle mauvaise langue je fais. L1 a été un petit amour. Comme des 7 nains bien disciplinés, on est montées dans leurs chambres et passées par la case salle de bains. "Marraine-tatie, faut mettre du Vicks vaporub, viens, chte montre comment on fait, hééééééééé tu m'chatouilles" pour L1 qui, quand je lui ai dit que, allez, on allait enlever sa "chemisette", m'a reprise en m'expliquant par le menu que c'était "un TOP, Marraine-tatie" (in peto: "elle y connaît vraiment rien, celle-là").
"Bobonne..."- "Hééééé, c'est pas Bobonne, c'est Marraine-tatie!"- "Je peux pas mettre mon pyjama, j'ai perdu mes bras" pour L2 se tortillant les membres supérieurs dans l'espoir vain de s'en débarrasser et dont j'admets retranscrire le discours en l'améliorant un peu (son vocabulaire, fort évolué pour ses 2 ans 1/2 grâce à ses 2 soeurs, n'en reste pas moins assez erratique, surtout quand la tut fait de la résistance).

10 minutes dans la salle de bains à jouer bêtement, à leur grande satisfaction. Des regards qui se disent qu'on peut vraiment tout lui demander, à cette Marraine-tatie qui fait le zouave autant qu'elles veulent. Ce qui est dingue, c'est qu'elles n'en profitent pas. Elles se sont mises au lit gentiment, L1 a eu le plus beau regard de l'univers quand je me suis penchée sur son front pour l'embrasser. A moitié endormie, elle a trouvé la force de rire franchement en se rendant compte qu'elle me disait qu'il fallait "ouvrir les lampes" au lieu de les fermer.
L2 attendait, ses grands yeux bleus (je sais, c'est cliché... mais vous verriez ses yeux!) qui, partis de sa soeur, m'ont tendrement enveloppée avant que sa petite mimine ne m'entraîne vers sa chambre. "Viens faire dodo avec moi. Fjmqlkdjfmsjfmqkjfmqkffjfiezibhk,nvkaflfjdfk maman fdkqfmjfmldkqsiuruznbanak", en tapotant à côté d'elle sur le matelas.

"Ah... oui? Ecoute, je ne vais pas me coucher avec toi dans le lit" (techniquement impossible, trop grande. Non, pas "trop lourde". Trop grande) "Mais je vais m'asseoir par terre à côté de toi, et tu vas vite t'endormir, pour que maman soit contente". Je coche donc dans ma série de mini stratégies "capacité à la réutilisation de mots-clés dans un contexte potentiellement ardu".
L2 s'est couchée et endormie en quelques secondes, peut-être en se disant que cette Bobonne Marraine-tatie qui se couche carrément par terre pour l'aider à faire dodo est décidément un modèle d'adulte sur lequel il n'est pas inutile de s'attarder.

 

Commentaires

Si tu n'existais pas, j'connais un paquet d'gens qui prieraient pour qu'on t'invente !! Moi par exemple.

Écrit par : Robert | mardi, 08 décembre 2009

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j'ai bien ri!

Écrit par : marraine | mardi, 19 janvier 2010

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J’ai passé un agréable moment et une chouette lecture sur votre site internet.

Écrit par : chirurgie esthetique | mercredi, 21 juillet 2010

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