vendredi, 23 décembre 2011

Youpie, c'est la fin du monde!

Selon les Mayas, vous savez tous ce qui se passera le 21 décembre prochain. Misère, ça nous fait quand même encore 363 jours et des rawettes à tirer.

En même temps, c'est pas les proféties d'une jolie petite abeille qui vont nous faire trembler.

Mais qu'est-ce qu'on va bien pouvoir faire, si c'était vrai (copyright Marc Lévy, brrrr)?

Rire.
Manger.¨
Ne rien faire qui nous empêcherait de nous regarder dans le miroir.
Profiter.
Relativiser.
Et puis encore rire et manger.

Je vous souhaite à tous la santé et l'amour (ces derniers voeux de Pascal Sevran ne me quitteront jamais).
Et puis quoi encore? La CHANCE. Ne pas oublier de la provoquer et de la saisir.

 

mercredi, 14 décembre 2011

C'est arrivé près de chez nous

Liège en décembre. La Yaris qui court sur la E40, 1h15 top chrono entre chez nous et la place Saint-Lambert. Un petit tour dans les grandes enseignes, plus sympas qu'à Bruxelles, avant de rejoindre la rue du Pot d'Or ou Msieu Lequet. Ce marché de Noël si charmant où on croisera peut-être Paul & Marthe, Claudine & Jean-Marie. Sinini, feu le café Jacquemotte.

Liège n'est pas Bruxelles et je les aime toutes les deux, depuis que les boulets et nos petites virées ont supplanté les sales souvenirs de l'hôpital de Bavière, casseroles dont je me suis débarassée en applaudissant des deux mains l'abandon dudit hôpital.

Depuis hier, on m'a abîmé mon Liège.
Ce papa appelé par la police avec le GSM de son fils, avec cette voix et ce regard de ceux qui savent que leur vie va peut-être basculer ou a déjà basculé. "Il est blessé?" "Oui... il ne voit plus des deux yeux". Il n'en savait pas plus, ne savait pas où son fils était. Et bon dieu, ce regard, ce silence qui a suivi sa phrase. Il se rendait compte, il s'accrochait. Je pense à lui, j'espère tellement pour lui que ça va aller.

Ce matin, je venais d'allumer la télé pour commencer ma journée post-gastro en douceur, Geoffroy s'occupant aujourd'hui encore de conduire Orphée à la crèche. En douceur, tu parles. "Le bilan de la fusillade s'est alourdi. Un bébé de 17 mois est mort". Il n'y a pas de mots.

Aujourd'hui, jour pour jour, Orphée fête ses 15 mois. Il s'est réveillé avec un grand sourire en nous voyant entrer dans sa chambre, a piétiné en attendant son bibi et hurlé de rire en voyant le contenu de son lange virer sur le plancher après avoir virevolté dans les airs suite à une maladresse. On a profité du calme du matin pour lui faire bisou sur bisou, le faire rire, le serrer contre nous.

A peu de choses près, c'est certainement ce que les parents de ce bébé de 17 mois ont dû faire hier matin.

Pourriture.  

dimanche, 04 décembre 2011

Il était 5h37 et (presque) tout Bruxelles dormait

Je regarde les traces pluvieuses de ses coussinets devant l'entrée de l'immeuble bordée de feuilles mortes, je referme la porte d'entrée le plus doucement possible, retire sa laisse, tic tic tic sur le carrelage. Ne pas oublier de lui couper les griffes aujourd'hui. Je tourne la clé dans la serrure comme un mime, Chloé rejoint la cuisine comme si de rien n'était tandis que je prépare son petit-déjeûner.

Je repense à ma mère, quand Orphée était tout petit, qui m'avait prudemment glissé, dans des mots savamment choisis pour ne pas froisser ma susceptibilité, que Chloé, elle aussi, devrait trouver sa place. C'est-à-dire qu'il faudrait qu'elle se décide à endosser le rôle de chien de la famille. "Ca fait quand même 7 ans qu'elle est un peu comme une petite reine... on l'aime tous, évidemment, mais tu vois...". Oui, je vois. Pas faux.

Mais c'est mon chien. Ma petite poilue. Ma Chloé adorée. Celle qui a jeté son dévolu sur nous depuis son horrible cage, celle qu'on a dans la foulée veillée jour et nuit pendant 2 semaines alors que son pronostic vital était plus que sérieusement engagé, celle à la source de milliers de câlins et de fous rires. 33 kg de tendresse et de drôlerie. Des tonnes de poils perdus à chaque émotion. Notre clown pas du tout triste de basset hound.

Alors quand, parfois, elle nous fait un caprice de star comme ce matin où elle a mis un terme au silence de mon sommeil canapéen baveux par un tremblement de terre auditif digne d'un tricératops - c'est peu connu, mais les tricératops n'étaient pas mauvais en aboiement -, DEVANT LA PORTE DE LA CHAMBRE DE MON ORPHEE TOUT ENDORMI, ARRRRGH!, je passe vite l'éponge.

Certes, je m'extirpe et bondis, lui hurle dessus avec le volume en sourdine mais de grands gestes ridicules et le regard assassin. Pourtant mon soufflé de colère retombe bien vite, le temps de constater qu'Orphée, miraculeusement, n'a pas moufté. Leur connivence irait-elle déjà jusque-là? "Bon, OK, tu te lèveras à 5h37 et môman te sortira. Merci de me prévenir. Je comprends. Faut se faire respecter, montrer qu'on n'est pas des sauvages, t'as raison. Et demain matin, tu me feras des bisous dans les oreilles, comme hier? Hein dis? Et je pourrai m'excercer à te caresser le dos?".

 
J'avoue aussi que je n'arrive toujours pas à résister à son expression corporelle. Haute comme trois pommes debout de toute sa longueur devant la porte d'Orphée (puisqu'il faut passer par là pour accéder à son jardin, où l'eau de pluie l'attend plus souvent qu'à son tour, "chargée de minéraux, môman, bien meilleure que celle de ma gamelle"), la queue en l'air, fringuante, les yeux fixés sur l'obstacle. J'arrive, je l'engueule, elle daigne tourner la tête d'un quart de tour, l'air de ne pas y toucher ("écoute, t'es gentille mais me déconcentre pas, chuis en mission"), finalement se retourne en hochant la tête, dans un semblant d'éternuement, comme pour s'excuser. "Oui bon je sais, j'ai déconné. Pas pu m'empêcher. On sort? Hein dis, on sort?".

Et 30 secondes plus tard, je suis là, dans la rue froide, l'élégance incarnée en blouson de cuir sur pyjama dépareillé. Je maugrée, je me dis qu'il ne manquerait plus qu'on se fasse agresser dans l'obscurité d'un coin de boulevard. Pendant ce temps, guillerette comme à son habitude, Chloé profite des multiples effluves nées sur la surface des sacs poubelles à la faveur de la pluie, la papatte avant gauche relevée tel un Sherlock en jupons, les plis du visage concentré sur sa tâche recouvrant ses yeux, ses oreilles macérant dans les flaques (au moins, leur bout ne traîne pas aux alentours d'un popo de confrère inconnu à identifier). Définitivement sourde à mes (grossières, roooooh) récriminations. "C'est la dernière fois que tu me fais ça, Louloutte. Merde quoi. Avance. Bon sang Chloé, avance! Tu m'emmerdes! Non, tu ne plonges pas sous la voiture, y'a rien à bouffer. Nom de Dieu. Dimanche matin. J'ai mal partout et je suis crevée. Mais tu t'en fous, toi, tu vas roupiller toute la journée! Non mais c'est ça, ignore-moi. Incroyable".

Au moins, le spectacle doit amuser les trois pelés déjà levés ou pas encore couchés qu'on devine derrière les vitres éclairées.

Il était donc 5h37 et presque tout Bruxelles dormait. Chloé a regagné ses pénates à 6h06. Orphée a rejoint Geoffroy dans le lit et tous deux dorment paisiblement. Il est 8h09, je sais déjà que le Téléthon s'est mieux déroulé que ce qu'on pouvait craindre, que la Miss France a des goûts littéraires douteux. En attendant le réveil de la maisonnée, j'écris ce post avant de commencer à travailler, le rassurant bourdon de la machine à laver dans les oreilles, le double expresso déjà enfilé.

Et vous savez quoi? Je me sens super bien. A ma place.

 

jeudi, 01 décembre 2011

Paumitude & lovitude : balle au centre

Depuis que je suis maman, c'est la paumitude...

J'ai le cheveu gras à force de ne plus le bichonner
Je m'endors avant la maisonnée et passe la nuit sur le canapé
Je regarde les mannes à linge s'entasser
Je dégaîne mini Dyson à même le basset pour la prolifération de poils éradiquer
Je bénis mes bottes fourrées grâce auxquelles je peux l'étape chaussettes sauter

Depuis que je suis maman, c'est la lovitude...

Je tuerais père, mère et crémière s'il le fallait
Je guette l'heure à laquelle je vais LE retrouver
Je me surprends à imiter ses bababas même quand je suis ultra concentrée sur mon clavier
Je ravale mes larmes au volant après m'être imaginée toute frippée lui dire au revoir sur mon lit de mort (ambiance)
Et finalement j'appuie sur le champignon en me disant que la vie est belle et qu'il faut en profiter.

Aux sourires béats succèdent des mails furibards pour prendre congé de clients imbéciles, aux angoisses du jour succèdent les petits bonheurs de la nuit, ou le contraire. Et, tous les jours, c'est le même cinéma : je tape, je tape, je tape, puis le "15h40" de l'horloge illumine ma journée. Il est temps d'aller rechercher Orphée.