mercredi, 30 janvier 2008
Mort d’un acteur formidable
Non, je ne mets pas son nom en titre. Ce serait si vulgaire de vouloir attirer quelques clics sur le dos de mon bon vieux compagnon télévisuel.
Philippe Khorsand est mort et c’est comme si une petite parcelle de mon enfance, de mon adolescence et de ma vie d’adulte était partie avec lui.
Amaigri, je lui souhaitais juste une petite coquetterie alimentaire, certes peu courante à son âge, mais j'avoue que j'aime bien, parfois, me voiler la face.
C’est entre autres en me scotchant devant Palace que j’ai découvert un autre monde que celui offert par mon milieu ambiant. A la même époque, je m'habituais au bête rire d'Ardisson, j'essayais de regarder des films pas de mon âge qui passaient sur FR3 tard. D'où les nombreux titres dont j'ai apprécié le début... sans jamais en voir la fin.
Cette école où ni les élèves ni les profs ne parvenaient à me donner envie d’échanger avec eux. Ma timidité, mon coinçage m’empêchaient d’y mettre du mien, mais on n’avait clairement pas grand-chose à se dire. Eternelle extra-terrestre qui en retirait tantôt fierté, tantôt désespoir. Tellement fière de traiter le monsieur muscle de la bande de fausse blonde et de lui dire de venir se battre s'il osait.
Il fallait fuir et, avant de pouvoir le faire physiquement, la tête carburait sévère devant la télé. Devant Twin Peaks (revu récemment avec délices), devant Palace (à portée dans les bibliothèques, au cas où un coup de mou nécessiterait de le dégaîner), qui mettaient en scène des personnages et des acteurs avec qui j’aurais vraiment aimé pouvoir tailler une bavette. Même si je n’aurais rien eu d’intelligent à leur dire.
J’ai retrouvé Philippe Khorsand dans Une famille formidable, que je suis depuis le début des turpitudes des Beaumont. Je les adore, il n’y a pas d’autre mot. Ce n’est pas la série du siècle côté forme et côté intrigue, ils vivent en une vie ce que d’autres mettraient 1000 ans à expérimenter, mais je m’en fous. Pas plus tard que la semaine dernière, j’ai stoppé net une morne après-midi de travail pour me plonger dans les bêtises de Jacques, Catherine, de leur clique d’enfants et de leur bon vieux ex beau-frère, Richard. Alias Philippe Khorsand.
On ne devrait pas laisser partir ceux qui nous persuadent que le ciel est bleu alors qu'on l'a devant les yeux et qu'il est vraiment tout gris.
14:45 Publié dans Oh my God! | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Philippe Khorsand, Palace, Twin Peaks, Une famille formidable

