dimanche, 16 décembre 2007

Look, ze ring!

J'ai hésité à placer cette note dans la catégorie "Oh my God!" et puis non, "My life is OK!". La méthode Coué/Chloé jusqu'au bout.

C'était donc le grand jour hier, comme on dit. On a tous les 2 dit oui, on était super heureux de voir (presque) tous nos proches papoter ensemble alors qu'ils ne se connaissaient pas forcément ou ne s'étaient pas vus depuis de longues années (je pense à mes parents qui ont trouvé 2 "hommes" en lieu et place des étudiants gringalets qui partageaient le Blackies' kot avec moi).

Tout le monde s'est extasié devant ma robe chocolat-cerise et c'était ma foi fort gai parce que ça avait l'air fort sincère!

On a donc dit un franc, net et clair "oui" tous les 2. Chloé avait même accepté d'arrêter d'aboyer pour nous laisser nous exprimer. C'était adorable de la voir s'endormir au beau milieu de la salle des mariages juste après la (courte) cérémonie.

Au restaurant, les adorables Caprices d'Harmony de notre copain Jean-Jacques, mon père me confia que Bjorn, pourtant peu branché chien, avait défendu notre petite louloutte face à une vilaine madame qui, passant devant elle avant que nous rentrions dans l'hôtel de ville et ne supportant pas d'entendre ses aboiements angoissés, lâcha un laconique et haineux "Je n'ai jamais vu un chien aussi sale!". Ce à quoi mon Bjorn répondit par un tout aussi laconique et haineux "Je n'ai jamais une aussi sale petite vieille" qui la fit fuir illico.

J'ai bien aimé!

Pendant qu'on se les gelait à faire des photos (suivront, suivront) à la place de Jamblinne, les invités engloutissaient les petits fours. A peine revenus, on s'installait et la valse des délices commençait. A table, on mangeait et on parlait bouffe en même temps. Nos pères respectifs échangeant si pas de bonnes adresses, en tout cas des anecdotes croustifondantes. 

Mais j'oublie le principal, juste avant de s'installer à table. Je vois ma Caroline installer une table, me tendre une corbeille et me dire de choisir un sujet dans une corbeille. Je n'y croyais pas! Ces dernières semaines, elle avait étudié par coeur l'examen final de Valentine Esquerra dans L'Etudiante et nous l'a servi sur un plateau d'argent. C'était juste magnifique! Et si courageux, parce qu'il n'y avait pas beaucoup de gens dans l'assemblée capables d'apprécier un si beau geste. "Heureusement que mon fils est trop petit pour s'en rappeler un jour". T'inquiète Caro, je serai là pour lui rafraîchir la mémoire :-D.

Un peu plus tard, je quittais ma place pour rejoindre ma soeur et mes amis. En blaguant, je répétais à Adrien, médecin de son état, qu'heureusement qu'il était là, si jamais ma grand-mère-j'ai-86-ans-mais-dans-ma-tête-j'en-ai-16 nous gratifiait d'un de ces charmants malaises cardiaques dont elle a le secret lors de grosses émotions.

10 secondes plus tard, c'est mon coeur a moi qui a failli cesser de battre. Je répétais "Adrien Adrien Adrien ma grand-mère n'est pas bien". En 3 secondes, il faisait de la place autour d'elle, couchée par terre, et demandait à Paul d'appeler une ambulance. Malaise vagal. Tout le monde figé, moi complètement paralysée. 24 ans de cohabitation avec une grand-mère, ça crée des liens.

Isabelle qui culpabilisait, puisque ma grand-mère s'est sentie à la fin du super mignon QCM de "connaissance de Geoffroy" qu'elle avait préparé. Stressée de ne pas avoir les bonnes réponses, les émotions de la journée dans les pattes, c'en était trop.
Philippe et Michelle à mes côtés, le regard doux et rassurant.

Elle n'en menait pas large, la mariée! Elle n'a pas pleuré mais, dans son for intérieur, elle avait 4 ans 1/2. 

C'était bizarre de continuer le mariage sans ma grand-mère, mais on l'a fait. Mon père n'a pas vu la pièce montée en Kinder Surprise... mais nous a appelé pour nous dire que ma grand-mère se portait à nouveau comme un charme et passerait tout de même la nuit en observation. Dans l'hôpital juste en face de chez nous!

J'ai eu un gros pincement au coeur de l'imaginer seule dans cet hôpital bruxellois impersonnel, tourmentée d'avoir gâché la fête.
J'espère pouvoir aller la voir ce matin pour la faire rire en lui disant qu'au contraire elle était le clou du spectacle et qu'elle avait bien fait son coup en douce, que personne ne s'y attendait.